Crise alimentaire: Akoubounou est mentionnée dans cet article
Vendredi, 19 Mars 2010 07:29
Les graves difficultés alimentaires rencontrées par les populations paysannes précipitent le phénomène de l’exode rural. A Zinder, Agadez, Maradi, Tahoua et Niamey, de plus en plus d’éleveurs et d’agriculteurs squattent les quartiers périphériques, en attendant des jours meilleurs.
Oumarou Ibrahim est inquiet. Depuis quatre jours seulement qu’il est à Niamey, l’éleveur et agriculteur originaire du village de Sandiré, non loin de Baleyara, tente par tous les moyens de joindre les deux bouts. Sa femme et ses cinq enfants sont demeurés au village avec tout juste de quoi tenir quelques semaines. Son troupeau souffre déjà de la faim. ‘’Il n’y a pas de pâturage dans la brousse, les animaux consomment déjà les stocks de fourrage constitués pour leur permettre d’atteindre la période de repousse de l’herbe et les éleveurs ont commencé à vendre leurs bêtes”, explique-t-il, ajoutant qu’il a dû se départir – à faible prix – de trois vaches.
Il n’est pas le seul. ‘’La campagne a été très mauvaise cette année, dit Moussa Amadou, 50 ans, agriculteur-éleveur du village de Kogorou, dans le département de Kollo, arrivé depuis quelques semaines – avec une partie de son troupeau de bovins – dans le quartier Golf, en périphérie de Niamey. ‘’Normalement, je récolte une centaine de bottes de mil, mais je n’en ai eu qu’une vingtaine cette année. Plusieurs de mes voisins n’ont plus rien dans leurs greniers, les jeunes quittent massivement pour les centres urbains. C’est bien pire qu’en 2008 !”
Les chiffres lui donnent raison. D’après l’Enquête nationale rapide sur la situation alimentaire des ménages au Niger, diligentée par le gouvernement en décembre dernier, le déficit fourrager est estimé à 16 millions de tonnes, soit les deux tiers des besoins globaux du cheptel national estimés à plus de 24 millions de tonnes. Toutes les régions sont déficitaires en matières sèches, mais celles de Zinder, de Tillabéri et de Diffa sont les plus affectées. Pas étonnant que de plus en plus d’éleveurs se retrouvent en périphérie des grands centres urbains.
C’est le cas de Oumarou Amadou, 27 ans, père de deux enfants, qui a quitté son village de Konabéry dans le département de Ouallam, il y a quelques semaines. ‘’ Chez nous, il n’y avait plus de pâturage”, explique-t-il tout en découpant à la machette des résidus d’igname qu’il mélangera ensuite à du son pour nourrir ses six vaches et leurs veaux. ‘’Au moins ici en ville, on trouve du son et des résidus alimentaires. Au village, les animaux commençaient à souffrir du manque de pâturage et les habitants de certains hameaux se rapprochaient du fleuve afin de trouver un peu d’eau et du pâturage pour leurs bêtes.
” Toutes les régions ne sont pas éprouvées également. Si une région comme Maradi semble moins touchée, ce n’est certes pas le cas des sept autres régions du pays. Dans la région de Tahoua par exemple, la campagne agropastorale 2009/2010 souffre gravement du faible couvert herbacé. Selon un document de la direction départementale de l’Elevage et des Industries Animales, le département d’Abalak connaît une campagne agropastorale déficitaire évaluée entre 60 à 93% de la normale. ‘’…un dessèchement du faible couvert herbacé qui a poussé, compromettant du coup son développement de façon irréversible aux alentours de la ville d’Abalak sur un rayon de 15 à 20 km, dans presque la totalité de la commune rurale d’Akoubounou, dans une bonne partie des communes d’Azèye et de Tabalak et dans le sud de la commune de Tamaya, zone de Abouhaya. ( …) la production fourragère est estimée à 111414,53 tonnes pour un besoin de 1412677,9 tonnes, soit un déficit de 1301623,37 tonnes.”
On pourrait dire la même chose de milliers de villages et hameaux du pays. Au nord de Zinder, la famine sévit déjà parmi les paysans. ‘’L'un de mes agents a vu cette semaine des paysans en train de fouiller dans une fourmilière à la recherche de nourriture, affirme le responsable d’un organisme de micro crédit de Zinder. C’est triste, cela veut dire que les gens ont très faim.” Des milliers de jeunes paysans, arrivés tout récemment à Niamey, tentent péniblement de gagner leur vie.
C’est le cas de Chaïbou Nayama, 28 ans, originaire du village de Birnin Lokoyo, dans le département de Doutchi, que nous avons a rencontré aux abords du marché de céréales sis au quartier CCOG. ‘’Chez nous, il y a des agriculteurs qui n’ont même pas récolté une seule botte de mil”, dit-il sous l’œil approbateur de ses camarades. ‘’Présentement, il n’y a que des femmes, des vieillards et des enfants au village”, ajoute Yacouba Toukou, 25 ans, qui a lui aussi dû abandonner l’exploitation familiale. Dans la région de Tanout, 20 des 42 chefs de ménages ont abandonné le petit village de Garin Dagabi. Au cours de la dernière saison des pluies, le village n’a reçu que deux pluies, dit Issouf Boukary, le chef du village.
«A la première pluie, on a semé du mil qui a commencé à pousser. Mais ensuite, tout a séché, on n’a rien pu récolter.” Les habitants du village voisin de Gouragass n’ont pu récolter qu’environ 10 pour cent de leur production habituelle de mil, sorgho et niébé. ‘’En année normale, on arrive à couvrir neuf à 10 mois de nos besoins, mais cette année a été tellement mauvaise qu’on n’avait même pas un mois de réserves après la récolte”, a dit Alhadji Idi, le chef du village au service de nouvelles et d’analyses humanitaires (IRIN) du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). ‘’Certains habitants ont quitté le village sans destination précise, d’autres – les hommes seuls principalement – sont partis vers le Nigeria ou la Libye”.
Pour se procurer de quoi manger, les villageois qui possédaient du bétail ont commencé à le vendre – une décision qui en dit long sur leurs difficultés alimentaires, dit Boubakar Batouré, chef de sous-bureau du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à Zinder. ‘’Dans cette région, même quand les gens n’ont rien à manger, ils ne vendent pas leurs animaux. S’ils le font, c’est en dernier recours”, dit-il, approuvé par les villageois. La mauvaise saison des pluies ayant également engendré un déficit fourrager dans la zone et le recours à la vente de bétail pour acheter des denrées alimentaires s’étant répandu parmi les ménages en difficulté, le prix du bétail a chuté.
‘’Avant, on vendait une brebis au moins à 20 000 francs CFA, maintenant ça ne dépasse pas 10 000”, dit M. Idi. « Quelqu’un qui a 20 têtes maintenant, il ne va pas lui en rester plus de cinq d’ici les prochaines pluies”, ajoute un jeune éleveur rencontré au point d’eau du village de Makanga, à quelques kilomètres de là, avec ses chameaux, ânes et chèvres. ‘’De toutes façons, 20 têtes de petits ruminants ne suffisent pas à assurer les besoins de la famille jusqu’aux prochaines récoltes”.
Ceux qui n’ont pas de cheptel ramassent les maigres résidus de récolte et de la paille, utilisés comme fourrage, ainsi que du bois, pour aller le vendre en ville. ‘’Comme beaucoup d’arbres ont été coupés, les gens vont même déterrer des racines de gros arbres à deux ou trois mètres”, dit Souleymane Roufaï Kane, de la Direction départementale du Développement Agricole (DDDA) de Tanout. Mais les prix des denrées alimentaires disponibles sur les marchés de la zone n’ont cessé d’augmenter.
Le mil, l’aliment de base, se vendait 30 pour cent plus cher en décembre 2009, par rapport à la moyenne de décembre des trois années précédentes, selon l’ONG internationale AQUADEV, qui intervient dans la région de Zinder. Les villageois ont donc diminué la quantité disponible lors des repas, dit le chef de Gouragass. ‘’Là où avant on utilisait deux tiyas pour un repas, maintenant on n’en utilise plus qu’une”.
NIGER Perspectives sur la Sécurité Alimentaire, Janvier-Juin 2010
Source: Famine Early Warning System Network (FEWS NET)
Date: 31 Dec 2009
Suite aux résultats de la campagne agricole et agro–pastorale 2009/10 en baisse par rapport à ceux d’une année normale et de 2008, les disponibilités céréalières sont généralement faibles et plusieurs ménages font déjà recours aux marchés pour leur alimentation. En zones agricole et agropastorale, 80 à 100 pour cent de la nourriture pourrait provenir des achats en fin janvier 2010 contre 5 à 15 pour cent en année normale. Les prix des produits sont déjà hauts et les baisses de la production des cultures de rente (niébé, arachide), principales pourvoyeuses de revenus pour les producteurs, ont significativement réduit le pouvoir d’achat des ménages. Ainsi, on assiste à une exploitation anormalement intense du bétail, de la paille, et du bois comme alternative pour accéder aux revenus et à la nourriture. Les termes de l’échange bétail à céréales, quoique en dessous de la normale, ne sont pas encore préoccupants.
La insécurité alimentaire actuellement modérée va évoluer d’une insécurité alimentaire globalement modérée à haute en janvier–mars vers une insécurité généralement haute en avril–juin dans les zones pastorales et agropastorales suite à un épuisement des réserves alimentaires des ménages, une demande accrue des céréales, une hausse anormalement tôt et intense des prix des céréales, et une diminution des revenus de vente d’animaux suite à la perte d’embonpoint et de la valeur marchande du bétail. Sous l’effet conjugué des difficultés alimentaires, des pratiques culturelles inappropriées et de l’incidence des maladies saisonnières, la situation nutritionnelle des enfants va enregistrer des admissions des cas de malnutrition en augmentation plus importante que la normale, même dans des foyers, inhabituelles pour ces conditions.
http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900sid/KHII-7ZE53L?OpenDocument
NIGER: Du cash pour combler le manque de vivres ?
DAKAR, 18 juin 2010 (IRIN) – Des contraintes logistiques et financières pourraient provoquer des pénuries d’aide alimentaire à compter de juillet, et gêner ainsi la distribution de vivres à une partie des 7,1 millions d’habitants du Niger exposés à l’insécurité alimentaire, selon les organisations non gouvernementales (ONG) et le Programme alimentaire mondial (PAM). Davantage de distributions sous forme d’espèces pourraient permettre de remédier à ce problème.
« Il y a des manques – nous n’avons pas tous les vivres que nous souhaiterions avoir, et avec les ressources que nous avons reçues, nous nous débattons pour assurer qu’il y aura des vivres à distribuer pendant la période de soudure, une phase critique », a déclaré à IRIN Gianluca Ferrera, chef du PAM au Niger. Le PAM a reçu 40 000 tonnes de vivres, sur les 113 000 tonnes requises pour 2010, et s’attend à en obtenir environ 20 000 tonnes en juillet et août.
Le gouvernement dispose quant à lui de réserves alimentaires et de subventions d’urgence à distribuer au cours des prochains mois. Il mène à l’heure actuelle une enquête nationale, qui doit être publiée en juillet, pour déterminer les derniers besoins des populations en sécurité alimentaire.
Les organisations humanitaires parviennent relativement bien à traiter le problème de la malnutrition aiguë sévère, a estimé Patrick Barbier, chef de mission de Médecins sans frontières au Niger, mais de nombreux cas de malnutrition modérée, qui se soignent à l’aide de compléments alimentaires tels que les céréales, l’huile et les légumes secs, ne sont pas traités.
En amont et en aval
M. Ferrera du PAM a fait état de difficultés « en amont » et « en aval » de la chaîne d’aide alimentaire. « En amont, le problème est d’assurer que nous avons assez de fonds pour acheter les vivres dont nous avons besoin, et que nous disposons de ces fonds à temps ». Il manque au PAM 22 millions de dollars sur les 124 millions qui doivent lui permettre de se procurer 113 000 tonnes de vivres.
En aval, le problème repose notamment sur la difficulté à acheminer les vivres dans les régions rurales ; l’arrivée des pluies, qui risquent de rendre les routes impraticables ; et les retards observés actuellement dans le dédouanement des vivres expédiés. Le mélange maïs-soja enrichi (CSB) du PAM vient, en majorité, des Etats-Unis et d’Europe, et arrive aux ports de Lomé, au Togo, et de Cotonou, au Bénin.
Le PAM a lancé la plus grande campagne régionale d’approvisionnement qu’il ait jamais menée pour tenter de combler un déficit de 30 000 tonnes de vivres avec du maïs, du mil et des fèves du Bénin, du Ghana, du Togo, du Mali et du Burkina Faso; jusqu’ici, la moitié de cette quantité a été achetée.
Selon M. Ferrera, l’organisme augmenterait ses achats régionaux s’il pouvait obtenir les 22 millions de dollars qui lui manquent. Le Nigeria ne fait pas partie de la liste des pays envisagés pour l’achat de vivres car le PAM a eu des difficultés à obtenir des permis d’exportation et à dédouaner les céréales qu’il a tenté d’y acheter en 2005.
Malgré les importations locales, il est probable que les vivres viennent à manquer. « Les vivres du PAM risquent de ne pas suffire à nourrir le nombre de personnes dans le besoin : d’autres solutions doivent être envisagées », a déclaré à IRIN Séverine Courtiol, directrice des programmes de Save the Children, une ONG internationale, au Niger.
Des espèces ou des semences ?
« [Le versement de] cash, là où cela est possible », devra compenser le manque de vivres, selon Mme Courtiol. Il s’agit d’une solution plus rapide que les vivres, qui évite de devoir payer des droits de douane importants et de se heurter à des problèmes de livraison et de transport. Mais « nous devons également trouver ce cash ».
Dans les villes et les villages, de nombreux marchés fonctionnent bien et l’on y trouve des céréales en bonnes quantités, acheminées en bonne partie du Nigeria, du Bénin et du Burkina Faso, pouvait-on lire dans un bulletin publié en mai 2010 par le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWSNET).
Ce bulletin sur Maradi, Tahoua et Zinder, des régions du sud du Niger, était fondé sur les évaluations de FEWSNET et de Concern Worldwide, une ONG qui lutte contre la pauvreté et la faim.
« Si nous avions des espèces, je pense que ça pourrait être une possibilité, surtout dans les régions urbaines … on peut s’attendre à ce que les marchés urbains continuent de fonctionner relativement bien », a dit Mme Courtiol. D’après M. Ferrera, dans les régions rurales, la situation des marchés est variable, mais en général, le prix des céréales augmente et les importations diminuent, comme il est de coutume pendant la période de soudure.
Save the Children a élargi ses distributions de cash à Aguie et Tessaoua, des districts de la région de Maradi, dans le sud du Niger, avec l’aide de la Commission européenne et du gouvernement américain.
Concern Worldwide propose aux familles vulnérables de recevoir soit des semences à planter, accompagnées d’une petite somme d’argent, soit une aide mensuelle en espèces de 37 dollars (20 000 CFA), versée par le biais des téléphones portables de janvier à septembre. Dans la province de Tahoua, dans le sud-ouest du Niger, des engrais, des vivres et des aliments thérapeutiques pour les enfants souffrant de malnutrition sévère sont également fournis.
Au cours de discussions avec les membres des communautés, davantage de personnes ont dit préférer les espèces aux semences.
Les communautés ayant accusé les pertes de récoltes les plus importantes – certaines ont perdu environ 90 pour cent de leurs récoltes ou plus – ou qui vivent plus loin des marchés tendent à opter pour les semences ; celles qui ont accès aux marchés, ont accusé des pertes de récoltes moins graves, ou ont un accès limité aux terres tendent au contraire à privilégier le cash.
Selon Tom Arnold, responsable de l’ONG Concern Worldwide, la couverture humanitaire est relativement bonne et les ONG s’en sortent, mais l’insécurité alimentaire risque de s’aggraver au cours des prochaines semaines. « Les problèmes risquent fort de s’aggraver énormément », a-t-il averti. « Cela prend du temps de mobiliser et de distribuer des vivres ».
http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportID=89542
Lancement officiel des activités du programme ‘’réponse à la crise alimentaire et nutritionnelle 2010 au Niger” : réponse de CRS Niger à la crise alimentaire
Mercredi, 16 Juin 2010 07:10
Écrit par Oumarou Moussa
Le Lieutenant-Colonel Aboubacar Amadou Sanda, membre du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie, a présidé lundi dernier à Famalé, dans le canton de Dessa, le lancement officiel des activités du programme ‘’réponse à la crise alimentaire et nutritionnelle 2010 au Niger” de l’ONG Catholic Relief Services (CRS).
Cette cérémonie s’est déroulée en présence du Gouverneur de la région de Tillabéry, des préfets des départements de Tillabéry et de Ouallam, de la représentante résidente de CRS au Niger, du vicaire général de l’Archevêché de Niamey, ainsi que des autorités coutumières de la région.
Dans l’allocution de lancement de ce programme, le Lieutenant Colonel Aboubacar Amadou Sanda a souligné que cette importante initiative, en réponse à l’appel du gouvernement du Niger, vient à un moment où notre pays traverse d’énormes difficultés alimentaires. Il a ajouté qu’elle vient soulager une frange très importante de la population, qui, malgré les efforts déployés par l’Etat, reste encore dans le besoin.
« Votre intervention à travers un programme varié prouve que CRS est une organisation innovatrice. En effet les actions de Cash For Work, de foires aux semences, de coupons contre nourriture et de blanket feeding montrent tout le souci que vous avez de respecter la dignité des bénéficiaires. Soyez notre porte-parole pour transmettre aux autorités de CRS et à tous vos bailleurs de fonds que sont l’USAID, l’USDA, le PAM, l’UNICEF et CRS, les remerciements du gouvernement et du peuple nigériens », a indiqué le Lieutenant Colonel Aboubacar Amadou Sanda.
Il a ajouté que, les efforts que déploie aujourd’hui CRS Niger cadrent parfaitement avec la politique du gouvernement visant l’amélioration des conditions de vie en milieu rural. Il a cité la stratégie opérationnelle de sécurité alimentaire développée par le gouvernement dont la finalité est de parvenir, à terme, à assurer la sécurité alimentaire de toute la population nigérienne, c’est-à-dire assurer à chaque citoyenne et à chaque citoyen l’accès en tout temps et en tout lieu, à une alimentation suffisante, en quantité et en qualité pour mener une vie saine et active. Il a aussi rappelé la stratégie de réduction de la pauvreté qui est déjà validée et dont la promotion du développement rural constitue la première des priorités retenues.
Le gouvernement ne ménagera aucun effort pour apporter son soutien à la mise en œuvre de ce programme. Quant à la représentante résidente de CRS Niger, Mme Lisa Washington Sow, elle a indiqué que son institution entend, à travers ces actions, assurer sa mission qui est celle de restaurer la dignité humaine.
Pour y parvenir, CRS collabore, dans le monde entier, avec des partenaires, sans distinction de race ni de religion, dans la mise en œuvre de programmes destinés aux populations vulnérables. Selon Mme Lisa Washington Sow, conformément à sa mission d’assistance aux populations nécessiteuses, CRS apporte cette année un appui aux populations des régions de Dosso, Maradi, Tillabéry et Zinder pour pallier les mauvais résultats de la campagne 2009. L’appui que CRS leur apporte se traduit par la mise en œuvre des activités de ‘’cash for work”, de foires aux semences, de coupons contre nourriture et de ‘’blanket feeding”.
Pour le Cash For Work, devait-elle indiquer, 5500 ménages sont ciblés dans les villages les plus déficitaires de Ouallam et Tillabéry. Ce sont les cultivateurs qui ont perdu 70 % ou plus de leurs récoltes. Cette activité permettra d’injecter 495 millions de FCFA pour le paiement des bénéficiaires, ce qui leur permettra d’accéder à des vivres. Mme Lisa Washington a souligné que CRS organise, en collaboration avec les services techniques et son partenaire CADEV-Niger, 46 foires aux semences au profit de 22 842 ménages bénéficiaires dans tout le pays, dans le cadre du projet Refine financé par l’USAID.
Les producteurs ayant perdu leurs récoltes recevront des bons d’une valeur de 10.000 CFA pour acheter des semences. Les semences ainsi acquises seront de l’ordre de 457 Tonnes. L’opération ‘’Blanket feeding” bénéficiera à 13 000 enfants de 6 à 23 mois dans le département de Ouallam. La distribution gratuite ciblée bénéficiera à plus de 118.000 personnes dans le département de Tanout. Les coupons contre nourriture seront distribués à environ 23 000 ménages dans les départements de Tillabéry et Ouallam. C’est donc 51 342 ménages, soit environ 360 000 personnes, et 13 000 enfants qui bénéficient de ce programme.
Organisation non gouvernementale créée en 1943 par les évêques catholiques des Etats-Unis pour assister les pauvres et les démunis dans le monde, CRS intervient actuellement dans 99 pays à travers le monde. Au Niger, CRS intervient dans les départements de Dosso, Gaya, Birni N’Gaouré, Dogondoutchi, Loga, Tanout, Mirriah, Dakoro et Téra. Dans tous ces départements, il apporte un soutien aux plus vulnérables dans divers domaines comme l’Agriculture et la sécurité alimentaire, la santé et la nutrition, l’éducation et les réponses aux urgences.